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Publié le 26/04/2012 à 21h40
Dans le cadre du festival Scènes Méditerranéennes et en partenariat avec Scènes du Jura.
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Synopsis : Sur une île de la lagune vénitienne, un pêcheur fait la connaissance d’une jeune chinoise récemment immigrée. Une douce amitié naît peu à peu entre ces deux êtres que tout semble séparer. Mais leurs sentiments dérangent deux communautés qui se rejettent : Italiens et Chinois voient d'un mauvais oeil leur complicité naissante…
Entretien avec Andrea Segre :
À l’origine : Le point de départ de ce film est un visage, celui d’une jeune femme qui pourrait être Shun Li. C’était dans une « osteria » vénitienne, le genre d’endroit fréquenté par les pêcheurs du coin depuis des générations. Le souvenir de ce visage, tellement incongru et étranger à ces lieux patinés par les années, ne m’a plus quitté. En observant cette jeune femme, son passé, son histoire, le chemin qu’elle avait emprunté jusque-là… tout devenait source de fiction. Quel genre de relations aurait-elle pu nouer dans une région comme la mienne, si peu habituée aux changements ?
Identité culturelle : L’idée de ce film naît également de deux exigences, d’une part, celle de parler de la relation entre l’individu et l’identité culturelle, d’autre part, l’envie de raconter deux lieux et deux mondes emblématiques de l’Italie actuelle que sont les banlieues multiethniques romaines et vénitiennes.
Nous souhaitions tourner un maximum de séquences en lumière naturelle. En fonction de l'heure à laquelle nous tournions, le climat de Chioggia et la lagune donnaient des températures de lumière vraiment différentes ! De plus, l’hiver est la meilleure saison pour saisir toutes les nuances de couleurs de la lagune : toutes sont
empreintes de poésie.
Une petite venise : Chioggia est une petite Venise sans touristes, une bourgade de la lagune vénitienne d’une beauté noble et magique, avec ses barques, ses cabanons et ses îles. En même temps, comme toutes les villes d’Italie refermées sur elles même, Chioggia est dotée d’une forte identité sociale et territoriale
La rencontre de deux monde en crise : Au fond, LA PETITE VENISE est le lieu imaginaire - mais absolument réaliste - de la rencontre de deux mondes en crise : le monde de ceux qui sont contraints ou qui ont choisi d’abandonner leurs racines, et le monde de ceux qui voient leurs racines se transformer profondément, jusqu’à disparaître. Deux mondes qui découvrent soudain, dans la richesse d’un dialogue presque impossible, une voie pour retrouver une dignité, et surtout un échange avec l’autre. Ces deux mondes se jaugent et comprennent qu’ils ont le même problème ; en se confiant davantage, ils essayent de se sauver mutuellement. Un salut presque onirique, rendu possible également par le charme d’un lieu, la lagune vénitienne au sud de Venise, un lieu qui n’a presque jamais été raconté par le cinéma italien et européen.
Avant-première mardi 29 mai à 20h30, la projection sera suivie d’un pot aux couleurs de l’Italie.
Rouge comme le ciel
L'Enfant d'en haut
Barbara

